D'un château l'autreEn 1932, avec le Voyage au bout de la nuit, Louis Ferdinand Cline s'imposait d'emble comme un des grands novateurs de notre temps. Le Voyage tait traduit dans le monde entier et de nombreux crivains ont reconnu ce qu'ils devaient Cline, de Henry Miller Marcel Aym, de Sartre Jacques Perret, de Simenon Flicien Marceau. D'un chteau l'autre pourrait s'intituler le bout de la nuit. Les chteaux dont parle Cline sont en effet douloureux, agits de spectres
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En 1932, avec le Voyage au bout de la nuit, Louis-Ferdinand Céline s'imposait d'emblée comme un des grands novateurs de notre temps. Le Voyage était traduit dans le monde entier et de nombreux écrivains ont reconnu ce qu'ils devaient à Céline, de Henry Miller à Marcel Aymé, de Sartre à Jacques Perret, de Simenon à Félicien Marceau.
D'un château l'autre pourrait s'intituler «le bout de la nuit». Les châteaux dont parle Céline sont en effet douloureux, agités de spectres qui se nomment la Guerre, la Haine, la Misère. Céline s'y montre trois fois châtelain : à Sigmaringen en compagnie du maréchal Pétain et de ses ministres ; au Danemark où il demeure dix-huit mois dans un cachot, puis quelques années dans une ferme délabrée ; enfin à Meudon où sa clientèle de médecin se réduit à quelques pauvres, aussi miséreux que lui.
Il s'agit pourtant d'un roman autant que d'une confession, car Céline n'est pas fait pour l'objectivité.
Avec un comique somptueux, il décrit les Allemands affolés, l'Europe entière leur retombant sur la tête, les ministres de Vichy sans ministère, et le Maréchal à la veille de la Haute Cour.